Les textiles naturels et synthétiques – Le coton

Pour faire du shopping de manière responsable, il faut d’abord apprendre à lire les étiquettes et à comprendre l’impact environnemental et social de chaque type de textile.

Il existe deux grandes catégories de textile dans la mode : les textiles d’origine naturelle, comme le coton, le lin, la soie, et les textiles d’origine synthétique, tels que la viscose, le polyester ou le lyocell par exemple.

 Il est coutume de penser que les textiles naturels sont bons pour la planète et que les textiles synthétiques ne le sont pas. Ce n’est cependant pas si simple. D’une part, certains textiles naturels ont des conséquences directes et indirectes très néfastes sur l’environnement et les travailleurs. D’autre part, une bonne part des textiles synthétiques sont aussi d’origine naturelle mais demandent un certain nombre de procédés chimiques pour être transformés.

 Dans cette série d’articles sur les textiles naturels et synthétiques, Paullet va vous apprendre à distinguer les différents textiles utilisés dans la mode et à comprendre quels sont les plus durables et responsables d’entre eux.

 Le premier article de cette série porte sur le coton !

Le coton

  • Quantité de fibres pour la production d’un T-shirt : 150 grammes
  • Quantité d’eau pour la production d’un T-shirt : 2 500 à 4 000 litres (soit minimum 70 douches)
  • Premiers pays producteurs : Inde, Bangladesh, Ouzbékistan et Bénin
  • Part dans le textile mondial : 25%

Le coton représente environ 25% du secteur textile aujourd’hui avec 25 millions de tonnes de coton produits chaque année, d’après le site Good On You. C’est le premier textile utilisé dans le monde. Il est prisé par les consommateurs car il est naturel et agréable à porter. C’est une matière légère qui permet à la peau de respirer. Elle a aussi un aspect très qualitatif selon l’épaisseur et la qualité du coton utilisé. Le coton est la matière principale dans beaucoup de nos indispensables mode du quotidien : les tee-shirts, les sweaters, les jeans, les baskets, etc.

Mais le coton a un coût environnemental, sanitaire et social énorme. Dans le secteur de l’agriculture, il est dans le top 3 des cultures les plus gourmandes en eau. Il faut par exemple 2 700 litres d’eau pour confectionner un tee-shirt en coton ! A ceci s’ajoute un paradoxe saisissant : les trois quarts des cultures de coton sont localisées dans des pays où une grande partie de la population n’a pas accès à l’eau potable C’est le cas en Inde, qui est de nos jours le premier pays producteur de coton. Le secteur textile créé ainsi une pression supplémentaire sur l’accès à l’eau de ces populations.

Ce n’est pas tout : le coton demande l’utilisation d’une grande quantité de pesticides (11% des cultures agricoles qui utilisent des pesticides dans le monde). C’est une source de pollution et de pression supplémentaire sur la quantité d’eau potable disponible dans les pays producteurs de coton. Les pesticides polluent également les terres agricoles qui s’épuisent avec le temps, et les terres adjacentes non agricoles. La santé des populations locales est donc en jeu car les pesticides provoquent de graves troubles respiratoires, des déformations à la naissance et d’autres maladies aux conséquences sévères. Dans les pays producteurs de coton, comme l’Inde, le Pakistan et l’Ouzbékistan, les paysans n’ont pas d’équipement pour se protéger des effets des pesticides. Le nombre de maladies liées directement à l’usage des pesticides a ainsi explosé en Inde depuis quelques années.

 Le coton est aussi indirectement lié au nombre croissant et impressionnant de suicides parmi les agriculteurs dans le secteur du coton : en Inde, 1 agriculteur sur 4 se suicide chaque année. En effet, 90% des cultures de coton sont des cultures d’OGM. Mosanto vend une grande partie des semences OGM de coton. Les prix sont prohibitifs pour les agriculteurs qui ne peuvent pas payer en une seule fois les semences dont ils ont besoin pour l’année. Ainsi les agriculteurs se tournent vers le marché noir ou vers des particuliers qui leur permet de payer en plusieurs fois notamment. Les prix sont bien plus chers que sur le marché légal et les agriculteurs indiens se voient octroyer des crédits à des taux très élevés. Un autre problème vient sceller la mise en place de ce véritable cercle vicieux : les semences et les plants OGM ne sont pas fertiles. Les agriculteurs ne peuvent donc pas les utiliser d’une année sur l’autre et les replanter. Chaque année, ils doivent se procurer de nouvelles semences. Beaucoup d’agriculteurs ne peuvent pas rembourser leurs crédits et vivre dignement. 1 sur 4 finissent ainsi par mettre fin à leur jour en Inde. La fast fashion et le rythme de croissance du secteur de la mode contribuent à renforcer la pression environnementale, sanitaire et social liée au coton.

 Les conséquences néfastes directes et indirectes de la culture de coton sont souvent méconnues du grand public car le coton est la plus connue des matières naturelles. Heureusement, il existe des alternatives au coton plus durables et plus responsables : le coton biologique et/ou recyclé notamment qui est au programme du prochain article sur les textiles !…

Pauline Collet, le 20 janvier 2020 (publié le 13 février 2020)

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