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Le « coup de gueule » de Giorgio Armani 

Portrait de Giorgio Armani par Julian Broad

Portrait de Giorgio Armani par Julian Broad

La crise du coronavirus remet en question l’ensemble du secteur de la mode et fait se poser un certain nombre de questions à l’ensemble de ses parties prenantes.

Dans une lettre ouverte publiée dans le magazine Women’s Wear Daily (WWD), Giorgio Armani prend ainsi position contre le rythme de production effréné et sans aucun sens de l’industrie de la mode, et de celui de la fast fashion qui fait pression sur l’ensemble du secteur.

Le créateur met en évidence la saisonnalité incongrue du monde de la mode : les collections printemps-été sont en magasin de fin février à début juillet. Impossible de trouver un bonnet en magasin fin février (si si j’ai essayé…). La collection automne-hiver entre en magasin dès le mois de juillet pour tirer se révérance dès le mois de février… Les collections sont décorrélées du rythme des saisons et des envies des consommateurs. Giorgio Armani explique dans sa lettre que c’est une période révolue pour sa marque de luxe éponyme : désormais la collection estivale restera en boutique jusqu’en septembre avant de laisser progressivement place à la nouvelle collection.

Giorgio Armani exorte l’ensemble des acteurs du secteur à se remettre également en question et à repenser avec lui le rythme de production et la saisonnaité des collections.

Paullet a souhaité mettre en avant cet article de FashionUnited car il est intéressant qu’un créateur phare du secteur du luxe, déjà engagée dans une mode plus responsable depuis quelques années (interdiction de la fourrure depuis 2016), prenne position de manière assumée et tranchée contre le fonctionnement actuel de la mode, dans le contexte sanitaire et économique lié au coronavirus, qui met pourtant à mal tout le secteur.

Pauline Collet, le 30 avril 2020