Léon & Lucienne

Marque de lingerie écoresponsable et féminine 

« Sauve la planète, une culotte à la fois !« 

La première collection de Léon & Lucienne, jeune marque de lingerie écoresponsable et française, est en ce moment en précommande sur la plateforme de financement participatif Ulule (jusqu’au 5 novembre 2020) ! Sa créatrice Laura Bimboes a effectivement créé des culottes durables, inclusives et avant tout, féminines.

Cette campagne de précommande était l’occasion pour Paullet et Léon & Lucienne d’échanger sur la marque, ses 3 premiers modèles de culottes, ses futurs projets et l’avenir de la lingerie. Vous trouverez donc dans la suite de cet article l’intégralité de l’interview de Laura par Paullet !

La première campagne de crowfunding de Léon & Lucienne est en cours sur la plateforme Ulule jusqu’au 5 novembre 2020 ! Craquez pour une culotte écologique et durable pour vous ou pour quelqu’un d’autre… Léon & Lucienne propose 3 modèles pour toutes les femmes : la culotte Jeanne, le shorty Marie et le tanga Simone.

Découvrez aussi Léon & Lucienne sur Instagram !

Paullet : Bonjour Laura ! Je suis ravie de pouvoir échanger avec toi sur Léon & Lucienne, ta marque de lingerie écoresponsable, et sur ta première campagne de précommandes qui est en cours sur Ulule.

Avant d’enchaîner sur Léon & Lucienne, je vais rapidement te parler de moi et de Paullet.

Je m’appelle Pauline, j’ai 30 ans. L’aventure Paullet a vraiment commencé il y a 18 mois suite à mes 3 ans dans le conseil, mon burn-out et mon bilan de compétences. Avec Paullet, je me suis donnée pour mission de parler des marques de mode écoresponsable comme Léon & Lucienne, et de leur donner un maximum de visibilité !

Maintenant, si ça te va, je te laisse me parler de ton parcours et de comment tu en es arrivée à créer ta propre marque de lingerie !

Laura B. : Parfait, je m’appelle Laura, j’ai 33 ans et j’ai une formation d’ingénieure en photonique. La photonique, c’est tout ce qui a à voir avec la lumière au sens large (laser, éclairage…). Dans la cadre de ma formation, j’ai également suivi une spécialisation création d’entreprise, qui m’a permis de travailler principalement sur des projets très technologiques.

Suite à l’obtention de mon diplôme, j’ai décidé de partir travailler un an en Angleterre. Finalement j’y suis restée 6 ans ! J’y ai occupé plusieurs postes en R&D et en Relation Clients au sein de petites entreprises et de start-ups.

Je suis rentrée en France en 2017 afin de suivre mon mari qui y avait alors trouvé du travail. Personnellement j’ai trouvé un poste d’Ingénieure Avant-Vente. Mais je me suis vite sentie lassée de l’absence d’éthique et de prise en compte de l’écologie dans mon travail, et dans les entreprises dans lesquelles j’ai travaillé.

J’ai donc pris la décision de laisser tomber mon poste et de quitter mon employeur à la fin de mon contrat. En 2019, j’en ai profité pour faire un bilan de compétences. Ce moment de réflexion m’a aidée à faire le lien entre ma passion pour la lingerie et ma transition écologique sur le plan personnel. J’avais effectivement passé le pas question alimentation. Je souhaitais alors faire de même pour mes vêtements, et notamment pour la lingerie. Mais je ne trouvais pas mon bonheur. Il existe déjà quelques marques de lingerie coresponsables et respectueuses de l’environnement mais qui pêchent malheureusement souvent sur l’esthétique des modèles.

C’est là que j’ai eu l’idée de créer Léon & Lucienne, une marque de lingerie écoresponsable, mais vraiment féminine et jolie.

Paullet : A partir du moment où tu as l’idée de ta marque, comment Léon & Lucienne a-t-elle vu le jour ?

Laura B. : Je me suis donnée 3 mois pour définir ma marque correctement et ai engagé des recherches sur le secteur de la mode et les problèmes qu’il rencontre, ainsi que sur mes potentiels futurs fournisseurs. Je cherchais alors à définir la faisabilité de mon projet et la possibilité de trouver des fournisseurs en phase avec ma vision.

Ainsi je me suis notamment rendue au Salon de la Lingerie où j’ai eu une véritable révélation sur le bien fondé de mon projet de création de lingerie écoresponsable. C’est là que je me suis en effet rendue compte qu’il y a très peu de choix en lingerie écologique aujourd’hui. Certains fournisseurs passent à des tissus et à des matières certifiées Oeko-Tex mais seulement pour répondre à la demande croissante pour ce types de produits. Il n’y a malheureusement aucune conviction dans leur démarche et certains ne se cachent pas pour le dire !…

Je me suis alors posée plein de questions sur le sourcing des matières, et sur celui de la dentelle en particulier. Il n’existe effectivement quasiment pas de dentelle éco-conçue. Certains fournisseurs proposent de la dentelle recyclée. Mais pour moi, ce n’est pas une option écologique car la dentelle est broyée et a besoin de beaucoup de produits chimiques lors du processus de recyclage.

Le dentelle en coton quant à elle est vraiment chère et est reservée à la création de robes de mariée et au secteur du luxe. De plus, elle ne contient pas d’élasthanne, ce qui est est un impératif pour la lingerie (à 2 ou 3% maximum).

J’ai ainsi fait le choix de la dentelle upcyclée. Elle contient certes des matières synthétiques telles que la polyamide. Mais cette dentelle ne provient que de fins de stock. Avec Léon & Lucienne, je récupère ces fin de stock et je fais en sorte que la dentelle ne termine pas à la poubelle sans avoir servi ! C’est donc la meilleure alternative pour moi.

Donc voilà, j’ai beaucoup parlé mais c’est comme ça que Léon & Lucienne, ma marque de lingerie écoresponsable, a vu le jour !

Paullet : Pourquoi « Léon & Lucienne » ?

Laura B. : Je souhaitais trouver un nom de marque qui ait du sens et qui reflète mes valeurs. J’y ai beaucoup réfléchi et je me suis rendue compte que ces valeurs étaient finalement anciennes, avec le retour à une mode et à une consommation raisonnées et locales.

Cela m’a rappelé mes arrières-grands-parents. Léon s’occupait effectivement d’un potager, qui de fait était totalement biologique car il n’y avait pas de pesticide à l’époque. Lucienne, quant à elle, était couturière et se déplacait à domicile, de village en village, en traînant toujours sa machine à coudre avec elle.

Je me suis reconnue dans ses valeurs d’antan et j’ai décidé d’appeler ma marque de lingerie écoresponsable « Léon & Lucienne ».

Paullet : Tu dis que tu as une passion pour la lingerie. D’où te vient-elle ?

Laura B. : En fait, j’ai toujours été une grande timide. Grâce à mon expatriation en Angleterre, j’ai vraiment appris à sortir de ma coquille, bien que je reste une personne réservée.

Mais avant de partir vivre et travailler à l’étranger, en cours en particulier, j’étais très effacée. Je m’habillais de manière très classique, dans des couleurs sombres et neutres afin de pas me faire remarquer.

Mais la lingerie était mon moyen d’expression. Je choisissais des modèles colorés ou sexy afin de me sentir bien. En plus, la lingerie, c’est quelque chose que tu montres à qui tu veux. C’est de là que me vient ma passion pour la lingerie.

Paullet : Pour toi, en quoi Léon & Lucienne est-elle une marque de lingerie vraiment écoresponsable ?

Laura B. : Et bien déjà, je n’utilise que du coton biologique certifiée GOTS (Global Organic Textile Standards) et Fair For Life, un label qui garantit des conditions de travail décentes sur toute la chaîne de production.

Mes culottes contiennent de l’élasthanne pour la tenue et pour le confort mais elle sont entièrement certifiées GOTS (Global Organic Textile Standards) aussi.

De plus, tous mes fournisseurs sont européens : les élastiques sont fabriqués à Barcelone et la confection est portugaise. Je n’utilise par ailleurs que de la dentelle upcyclée et française.

Ce qui est important aussi chez Léon & Lucienne, c’est que je ne travaille qu’avec des spécialistes de la lingerie. Pour Léon & Lucienne, je fais effectivement appel à un atelier de confection spécialiste de la lingerie. Ma modéliste est également une spécialiste de la lingerie. C’est un gage de haute-qualité pour mes collections et donc de durabilité. Je créé des culottes qui sont pensées et faites pour durer.

Paullet : En termes de design, quelle est ta ligne directrice ? Qu’est-ce qui fait une culotte Léon & Lucienne niveau style ?

Laura B. : La priorité pour moi, c’était la dentelle. Je voulais qu’il y en ait dans tous les modèles.

Pour les coupes, je souhaitais qu’elles conviennent à toutes les morphologies. Les culottes Léon & Lucienne présentent notamment des bandes larges sur les côtés afin de s’adapter à tous les ventres et à toutes les hanches en fonction de la taille.

Paullet : Comment finances-tu ton projet de création d’entreprise à l’heure actuelle ?

Laura B. : Je fonctionne principalement en auto-financement pour tout ce qui est développement produit,  l’administratif et le prototypage.

La campagne Ulule a pour premier objectif de financer le lancement de la production. Son deuxième objectif est le financement du futur site internet et de l’e-shop Léon & Lucienne. Je ferai un prêt bancaire pour compléter si besoin.

Paullet : L’actualité de Léon & Lucienne, c’est effectivement la campagne de crowdfunding qui a lieu en ce moment sur Ulule !

Peux-tu m’en parler davantage ? Pourquoi as-tu choisi Ulule ? Comment as-tu mis en place la première campagne de Léon & Lucienne ?

Laura B. : J’ai rapidement eu l’idée de faire connaître Léon & Lucienne. C’est justement un des principaux avantages d’une campagne de crowdfunding car cela donne de la visibilité aux marques qui se lancent.

Ulule est une des plateformes de financement participatif les plus connues. Elle offre en plus l’avantage de rembourser la totalité du montant collecté si l’objectif de la campagne n’est pas atteint. C’était donc une vraie garantie pour moi.

Ulule a également un partenariat avec les Galaries Lafayette, ce qui m’intéressait aussi beaucoup pour Léon & Lucienne.

Je suis contente car Léon & Lucienne a atteint un objectif de 120% assez rapidement et que les gens ont tendance a beaucoup commandé vers la fin de la campagne, avant qu’elle ne se termine.

La livraison des culottes est prévue pour Noël 2020. Cependant je préfère ne pas m’y engager de manière ferme car étant donné le contexte depuis le début de la crise sanitaire, c’est difficile de vraiment se projeter. Dans tous les cas, la situation au Portugal est encore bonne donc normalement, au plus tard en janvier 2021, ce sera bon.

Paullet : Léon & Lucienne propose trois modèles de culottes en précommande sur Ulule : la culotte Jeanne, le shorty Marie et le tanga Simone.

Pourquoi as-tu choisi ces 3 modèles ? Comment ont-ils vu le jour ?

Laura B. : Lors de la phase de développement produit, j’ai créé un questionnaire afin de recueillir les besoins et les attentes en termes de lingerie écologique auprès d’un panel significatif de personnes. J’ai posé des questions concrètes sur les modèles, les tailles et les couleurs que les personnes préfèrent dans leur choix de culottes pour femme. Il est ressorti de cette enquête que les trois modèles préférés de culottes sont la culotte standard, le shorty et le tanga.

J’ai donc ensuite travaillé sur la partie prototypage des culottes Léon & Lucienne et ai développé 3 modèles. J’ai fait essayer ces premiers prototypes à des femmes de mon entourage qui m’ont fait leur retour sans filtre. Après plusieurs essais et retours sur les prototypes, les modèles finaux sont sortis.

Pour les couleurs, je suis contrainte par celle de la dentelle upcyclée que je récupère pour la marque. Mon fournisseur de tissu m’a envoyé une trentaine d’échantillons afin que je puisse faire mes choix et associer correctement la dentelle aux tissus.

Enfin, le shooting a eu lieu en septembre. J’ai fait appel aux femmes qui ont participé au questionnaire pour les mettre de nouveau à contribution. J’ai eu beaucoup de retours, avec comme demande de leur part de ne pas retoucher les photos. Ainsi sur les photos, nous avons juste retouché les culottes (couleurs, luminosité, grain…), mais jamais le corps des femmes qui ont posé pour Léon & Lucienne.

C’était un élément très important pour moi aussi car la représentation de la femme dans le secteur de la lingerie, la mode et les médias est vraiment tordue. Avec Léon & Lucienne, mon objectif est de montrer et de promouvoir les corps comme ils sont. Par exemple, la jeune femme qui a posé avec le tanga Simone a 22 ans et fait une taille S (photo ci-dessous, à gauche). Elle a pourtant des vergetures. Et oui, c’est tout à fait normal en fait, et c’est dingue que si peu de personnes en ait conscience. La différence et les défauts, c’est ce qui fait la beauté de chaque corps. Les retours sur les photos de la première collection Léon & Lucienne sont d’ailleurs très positifs.

Paullet : Es-tu seule actuellement sur le projet Léon & Lucienne ?

Laura B. : Oui, je suis toute seule. Mais je suis aussi très bien accompagnée, par la BGE et l’ADIE. Et je travaille aussi avec un graphiste et quelques amis qui m’aident et qui ont des postes dans la communication.

Je suis également membre des communautés Feminist Bosses et Femmes de Bretagne au sein desquelles j’interagis beaucoup. Donc en fait j’échange avec beaucoup de personnes différentes, et c’est ça qui est vraiment important quand tu créés ta marque.

Paullet : Quel est le parcours d’une culotte Léon et Lucienne de la confection à la distribution ?

Et bien, ça commence en Ouganda dans les champs de coton. Il faut effectivement savoir qu’il n’y a pas de culture de coton bio en Europe. Le coton est ensuite tissé au Portugal. Les élastiques quant à eux viennent d’un atelier à Barcelone et la dentelle est française.

Les culottes sont coupées et assemblées au Portugal. L’atelier de confection les envoie ensuite chez moi, à Rennes, afin que je contrôle la qualité de la production. Je m’occupe ensuite d’envoyer leurs commandes aux clientes.

Paullet : Quelle type d’emballage as-tu choisi afin de rester dans une démarche responsable ?

Laura B. : Alors, pour le choix des emballages, c’est très complexe !

J’ai fait face à plusieurs options : le plastique recyclé, le carton et l’emballage compostable.

Pour moi, le plastique recyclé n’était pas une bonne solution car ça reste du plastique. Or, le plastique est une source de pollution immense et n’est recyclable qu’une seule fois.

Concernant les emballages compostables, le premier bémol c’est qu’ils sont produits en Australie. Donc c’est vraiment l’autre bout du monde et cette option ne correspond pas à ma démarche de production européenne. En plus, pour que les emballages compostables aient une véritable valeur ajoutée, il est nécessaire de fournir un certains nombre d’explications aux clients et des étiquettes avec de l’encre végétale pour rester cohérent. Il faut aussi que les clients aient accès à un composteur et sachent quoi faire de leur emballage compostable, sinon ils vont juste le mettre à la poubelle.

Finalement, j’ai fait le choix du carton pour les emballages Léon & Lucienne. C’est ce qu’il y a de plus simple. Les gens savent quoi faire pour que le carton soit recyclé. Et la chaîne de recyclage du carton existe déjà depuis longtemps en France.

A terme, Léon & Lucienne va mettre en place un partenariat avec Hipli Colis. C’est un concept de colis consigné et réutilisable. Je n’ai pas pu y avoir recours dans le cadre de ma campagne de crowdfunding car Ulule propose ses propres options d’envois. De plus Hipli recommande de faire payer le client afin qu’il fasse le choix du colis réutilisable et l’effort de renvoyer la pochette de livraison.

Paullet : Quels sont tes futurs projets avec Léon & Lucienne ? As-tu prévu de développer d’autres produits ?

Laura B. : Oui, effectivement. Léon & Lucienne va proposer des soutiens-gorges pour début 2021. Je vais établir un nouveau questionnaire afin de recuillir les besoins et les attentes des femmes sur les soutien-gorges écologiques.

J’ai aussi reçu beaucoup de demandes pour créer une gamme de sous-vêtements pour homme. Mais il faut que je mette également au point un questionnaire et que j’évalue les potentiels coûts de production. En effet, un boxer est composé quasiment uniquement de coton. La quantité de coton demandée pour fabriquer un boxer est supérieure à celle nécessaire pour produire une culotte. Le prix d’un boxer écologique risque d’être assez élévé dans ce cas. Et pour le moment, je ne sais pas si la clientèle masculine sera prête à mettre 60€ ou plus dans un boxer.

Paullet : Nous arrivons à la fin de notre interview ! Merci beaucoup d’avoir échangé avec moi sur ta marque, c’est vraiment passionnant.

Une dernière question du coup : que souhaiterais-tu ajouter pour conclure ?

Et bien, à travers la marque de lingerie écoresponsable Léon & Lucienne, j’ai aussi pour objectif d’échanger des informations avec ma communauté sur les dérives du secteur de la mode. C’est pourquoi, j’ai rédigé 2 e-books en libre-service à ce sujet. A terme, je souhaiterais partager davantage avec ma communauté pour faire avancer les choses.

La première campagne de crowfunding de Léon & Lucienne est en cours sur la plateforme Ulule jusqu’au 5 novembre 2020 ! Craquez pour une culotte écologique et durable pour vous ou pour quelqu’un d’autre… Léon & Lucienne propose 3 modèles pour toutes les femmes : la culotte Jeanne, le shorty Marie et le tanga Simone.

Merci d’avance pour vos retours et vos commentaires sur cet article (ci-dessous) !

Pauline Collet, le 30 octobre 2020. Interview réalisé le 26 octobre 2020.

Crédits photos & Remerciements : Laura Bimboes, Fondatrice de Léon & Lucienne.

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